Zoé et le bains de l’île Marguerite

Le ciel es totalement couvert, nous partons ce matin découvrir la grande synagogue. Coincée entre deux grandes rues, c’est immense synagogue, la pus grande d’Europe date de la fin du XIXème siècle.

Plusieurs guides proposent pour diverses langues quelques explications. On apprend par exemple qu’il existe trois courants du judaïsme en Hongrie de plus conservateur au plus modéré. Cette synagogue appartient au courant modéré c’est pourquoi on trouve par exemple un élément impossible à trouver dans n’importe synagogue du monde : un orgue ! Oui la musique n’est pas permise seul les chants sont autorisés, d’ailleurs les juifs les plus orthodoxes se refusent à entrer ici pour cette raison précise ! C’était à l’époque une façon pour la communauté juive de montrer qu’elle s’insérait parfaitement au reste des hongrois à forte majorité chrétienne.

Un musée présente les différents temps fort qui rythme la religion juive, comme Hanouka. On l’assimile très vite au Noël chrétien mais en fait rien à voir…lors de la reconquête de Jérusalem par les troupes de Judas Maccabée sur les syriens hellénistiques de l’empire Séleucide. Les troupes juives trouvèrent une bougie sensé ne tenir qu’une nuit. Pour purifier le temple ils l’utilisèrent et la bougie dura 8 nuits ! Pour commémorer ce miracle et la victoire chaque année les juifs fêtent Hanouka, et c’est ainsi que l’on trouve toute sorte de candélabres à 8 branches utilisés lors de cette fête..

Après notre visite du matin, en un coup de métro nous voilà sur Andrassy Utca, la grande artère de Budapest qui relie Deak Fer Ter à Varosliget.

Très belle et large avenue, avec une succession d’immeubles de fort belle facture.

Un déjeuner dans un bistrot avec au programme un burger et un veau sauce paprika avec pâtes mélangées avec des oeufs brouillés. C’est très bon, par contre ils ne lésinent pas sur les quantités !

Après nous être sustentés, nous nous rendons sur l’île Marguerite (du nom de la fille de Bela IV qui deviendra sainte Marguerite de Hongrie).

Cette île au milieu du Danube au nord de Budapest, est un îlot de verdure et de calme.

Au milieu de cette île se trouve le Palatinus strand l’un des plus grands complexes de piscines d’Europe. On trouve là encore des piscines en tout genre de toutes tailles à diverses températures, intérieures ou extérieures.

Mais le point bien plus intéressant par rapport aux bains Szechenyi c’est la piscine à vagues et surtout les toboggans au nombre de 4.

Nous nous attarderons sur 2 d’entre eux les autres étant un peu trop violent et rapides…

Tout d’abord le violet qui seul ou deux est totalement couvert se dévale tranquillement.

La difficulté étant pour débuter l’eau bien fraîche qui vous éclabousse…

Le bleu quant à lui se dévale seul c’est le plus long de tous plus de 20 secondes de descente. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser de l’extérieur, on peut atteindre des vitesses assez élevée en le dévalant (30, 40, 50 km/h…), ça va vraiment vite par moment en évitant tout ce qui pourrait vous freiner (coucher, bras en croix, jambes bien tendues, suivre au mieux les virages)/ On débouche plein pot sur la piscine d’arrivée, eau fraîche garantie !

On monte et on dévale, la ritournelle du parfait slider est parfaitement rodée…

Après quelques descentes, un petit tour dans les autres bassins aux eaux plus chaudes, mais comme il fait bien plus frais aujourd’hui (pas de soleil) c’est à double tranchant car ressortir de ces bains c’est le frisson assuré.

Direction la piscine à vague (qui n’est en marche que quelques minutes toutes les heures), de bonnes petites vagues qui secouent bien et qui vont mourir sur la partie peu profonde du bassin.

Puis retour pour une série de descentes enchaînées dans un rythme infernal…

violet, violet, bleu, bleu etc.

La journée finira avec une vingtaine de descentes…

Il pleuviote pour la première fois depuis dimanche, mais qu’à cela ne tienne rien n’arrête le slider. A chaque arrêt, la reprise de la descente en eau vive bien fraîche est assez délicate.

Après cette nouvelle après midi de baignade, nous repartons de l’ile Marguerite et en débouchant sur le pont nous tombons sur un magnifique couchez de soleil sur ciel couvert qui illumine de mille feux le parlement côté Pest, le château et Saint Matthias côté Buda l’ensemble relié par le pont aux chaînes. Splendide !

En revenant sur le parvis du parlement puis sur les rives du Danube, nous avons même droit à un ciel crépusculaire de toute beauté qui recouvre Buda.

Un diner hongrois nous redonne quelques forces pour retourner sur le pont admirer les illuminations des monuments bordant le Danube  du château jusqu’au parlement !

Là encore magnifique spectacle nocturne !

Un dernier coup de tram/métro nous ramène au logis pour notre dernière nuit, retour demain vers la cité phocéenne.



Zoé et le Varosliget

Le temps est lourd, couvert avec du soleil mais toujours pas une goutte de pluie à l’horizon.

Aujourd’hui nous consacrons la journée entière au Varosliget ou bois de ville c’est un grand parc vers lequel converge toutes les grands perpendiculaires au Danube.

Au programme pour commencer musée des beaux arts puis zoo et enfin les célèbres bains Szechenyi.

Un petit tour de métro pour remonter la grande artère Andrassi qui mène de Deak Ter (la place centrale à côté de la basilique Saint Etienne) à Varosliget.

Et nous voilà sur la Hosok Tere (place des héros), grande place sur laquelle débouche la Andrassi Utca. On y trouve le monument du millénaire élevé en 1896 pour fêter le 1000eme anniversaire de l’arrivée des magyars sur le territoire hongrois. Un grande colonne corinthienne sur laquelle l’ange Gabriel brandit la couronne du roi Istvan (Etienne) avec à ses pieds le chef de la tribu Arpad et six autres chefs de tribus magyar. A l’arrière une colonnade avec entre chaque colonne les héros de l’histoire hongroise : Etienne Ier, Bela IV, Matthias Corvin, Ferenc Rakoczi, Lajos Kossuth…

Puis au delà de cette place on trouve le parc du bois de ville, immense parc au cœur de la capitale.

Mais tout d’abord direction le musée des beaux arts qui borde la Hosok Tere, immense bâtiment néo classique reprenant les trais d’un temple grec. On trouve même à l’intérieure une salle où a été reconstituée une sorte de basilique romaine.

Accompagnée d’un audio guide qui me raconte un tas d’histoire, la visite commence par le département des antiquités : égyptiennes, grecques, étrusques, romaines…On y apprend notamment d’où vient le mot momie ! Il semblerait venir d’un méprise faite par les perses qui désignait cette méthode par le mot bitume à cause de l’aspect noirâtre que prenaient les momies avec le temps, alors qu’en fait c’est à cause de la résine utilisée. Puis des artefacts en tout genre : vases grecques, statuettes votives ou sarcophage romains. Un bas relief qui nous raconte la bataille d’Actium et la prise du pouvoir par Auguste, élément de propagande impériale de l’époque. Un petite statuette de la naissance d’Aphrodite ressemblant étrangement au tableau de Botticelli. Un Apollon, copie romaine d’une statue grecque cela va s’en dire,  dit l’Apollon Andrassy…

La session se poursuit avec quelques sculptures allant du gothique religieux à des bronzes profanes.

Puis enfin le clou du spectacle la galerie de peinture européenne s’étalant sur la période 1250 et 1600. Oui le musée est en rénovation pour après 1600 on repassera…

On y trouve les allemands avec de très beaux Lucas Cranach aux visages déformés assez reconnaissables, le portrait sobre d’un homme mais aux couleurs expressives par Albrecht Durer, des flamands avec le sermon de Saint Jean Baptiste par Pieter Bruegel dont l’objet du tableau ce n’est qu’un prétexte pour montrer la foule bigarrée de paysans flamands de l’époque.

Pour la peinture espagnole plusieurs el Greco reconnaissables entre mille.

La peinture italienne n’est pas en reste avec des Véronèses, des Tintoretto ou encore des Titien avec notamment un très beau portrait de jeune femme sur son fond noir si caractéristique et surtout la célèbre Madonne Esterhazy de Raphaël.

Quant aux français, ils n’avaient qu’à peindre avant 1600…

Malheureusement on manquera Rembandt, Ribeira, Velazquez, Zurbaran, Rubens ou Tiepolo…

Après cette longue matinée au musée et un en-cas vite avalé direction le zoo de Budapest !

Un zoo un peu décrépit qui présente également, de manière un peu décousue et vieillotte, une zone éducative sur la nature en générale.

On trouve aussi zone pour les enfants (petits enfants…) avec quelques manèges, jeux, une pouponnières de jeunes animaux, ou encore un enclos pour donner à manger à de petites chèvres.

Il y a également un petit jardin japonais qui rappelle notre dernier voyage, un jardin sec avec ses vagues de gravillons et un jardin avec sa petite rivière coulant au milieu d’un paysage verdoyant ponctué par un petit bassin avec sa petite lanterne.

On trouve également un mini aquarium pour le coup très vieux avec de petits requins.

Et puis tous les animaux : girafes (nombreuses 6 ou 7), hippopotames, éléphants, rhinocéros, gorilles, orang outan, fourmiliers, antilopes, etc.

En tout cas ce que l’on aurra pu voir ou apercevoir, car on ne verra pas tout vu qu’ils ferment pour aller manger avec les poules…

Après le zoo petit tour dans le parc pour aller jeter un coup d’oeil au château de Vadjahunyad qui borde le lac de Varosliget. Château construit pour le millénaire hongrois, il mélange différents styles architecturaux avec une partie gothique (reprenant l’aspect de deux châteaux de Roumanie) une autre renaissance (reprenant l’aspect d’une chapelle de la cahédrale d’Esztergom) et enfin une aile baroque (reprenant l’aspect d’un château près de Sopron) ainsi que la reproduction de la façade de l’église romane de Jak.

Une petite limonade avant d’aller se rafraîchir aux bains Szechenyi. Parmi les plus célèbres bains de Budapest ce complexe thermal de style néo baroque comporte de petits bassins intérieurs aux formes diverses et variées mais aussi de grands bassins extérieurs. La température du premier bassin est chaude. Le deuxième à la température bien plus fraîche est une piscine de 25mètres pour y faire quelques brasses ou du crawl. Le troisième bassin aux eaux encore plus chaudes l’est un peu trop par cette journée d’été malgré la nuit qui s’installe.

Je profite donc largement du premier bassin avec au centre une sorte de jacuzzi entouré d’un anneau dans lequel par intermittence un courant est envoyé entraînant tous ceux qui s’y trouvent…

Dès que le courant est remis les gens s’insèrent dans l’anneau et ça tourne, tourne, ça se bouscule. Certains vont plus vite et se tamponnent aux plus lents…L’impression de voir l’armée égyptienne lorsque la mer Rouge se referma sur elle

Petit jeu très amusant mais très fatiguant à la longue…

La nuit est tombée mais l’eau des bassins restent fort agréables, mais il faut rentrer…retour aux vestiaires et contrairement à Aqua World ici c’est hommes et femmes séparés (une ségrégation que l’envoyé spécial du routard a dû constater avec dépis…)

Retour en métro vers la Deak Ter pour un dîner avec au programme encore du goulash, du poulet avec une sauce paprika et des pâtes , du du bœuf avec une purée de potiron (plat hongrois dont le nom m’a largement échappé…).

Puis on reprend le métro jusqu’à notre Kalvin ter.



Zoe et la colline de Buda

Le ciel est nuageux mais globalement ensoleillé. Aujourd’hui la journée se passera exclusivement à Buda sur la rive droite du Danube.

Seul le petit déjeuner sur un terrasse se passera du côté de Pest.

Le tram nous mène à l’arrière de la colline, après une petite montée nous voilà le long des remparts de la vieille ville. C’est le cœur historique de Budapest , le poumon politique de la ville.

Après avoir longé les remparts côté Buda, on débouche sur le côté Danube avec un très belle vue sur le Parlement hongrois, l’île Marguerite et les méandres du fleuve. Nous arrivons ensuite sur la place de la porte de Vienne (de là que que la route partait vers la capitale de l’empire), bordée par une église luthérienne des plus sobre et par le beau bâtiment des archives nationales. On trouve également maisons aux façades baroques colorées et ornées de différents motifs. Puis nous nous rendons vers ce qu’il reste de l’église Marie Madeleine. Eglise qui à l’époque était fréquentée par les hongrois, étant donné que Saint Matthias était réservée à la communauté allemande (comme en république tchèque le duo Allemagne/Autriche s’opposant soit par la religion soit par la langue soit par la culture à autochtone tchèque ou hongrois, c’est un leitmotiv pour ces deux pays au travers de leur histoire.

De cette église, il ne reste que la tour baroque que l’on peut gravir pour admirer un magnifique paysage. Les dernières volées de marches se font sur un escalier métallique à colimaçon…attention vertige…

Là haut la vue embrase tout Pest : le Orszaghaz (parlement), le pont aux chaînes, le palais Gresham, la basilique Saint Etienne, l’église paroissiale devant le pont Erzebet. ; et le reste de la colline de Buda avec l’église Saint Matthias et au loin la coupole du château.

Un petit tour dans la rue des chevaliers (Uri utca) avec ses belles demeures avec pour certaines des façades remarquablement décorées.

Puis une petite pause pour se sustenter, toujours pas très hongrois mais les zones touristiques ne semblent pas se prêter à un tel jeu (un énième starbucks et des pseudo resto proposant tout sauf de la gastronomie locale..).

Nous repartons à la conquête de la vieille ville avec le bastion des pêcheurs, ce rempart néogothique construit à la fin du XIXème n’ont pas dans un but défensif mais dans un but purement esthétique pour servir de panorama. Ces remparts sont ponctué par de petite tour représentant les tentes des premiers magyars dans la plaine de Pannonie…

Puis sur l’une des petite place davant le bastion où trône la statue de Szent István király (Etienne Ier de Hongrie), le père fondateur de la nation hongroise, nous descendons dans une petite chapelle souterraine où l’on joue un film 3D retraçant l’histoire du payas. Très sympa surtout pour ceux qui à part faire des selfies de me myself and I n’ont aucune idée d’où ils mettent les pieds…mais forcément nous ne les y verrons pas…On y apprend cette légende que deux frères guerriers des steppes asiatiques poursuivait un cerf, un cerf magique qui leur firent rencontrer des jeunes princesses dont la descendance donna la tribu des Huns pour le premier guerrier et celle des Magyars pour le second.Puis se rejoue toute l’histoire de la Hongrie le sacre d’Étienne Ier peu avant l’an 1000, Bela IV repoussant les assauts mongols en 1242, Mattthias Corvarin fin XVème, Mohacs en 1526, la pris de Buda en 1686, la révolution avortée de 1848 et celle de 1956 qui amena les dures années du communismes etc.

Le routard serait outré de ne pas trouver mot sur le lien entre la Hongrie et l’Allemagne nazie durant la seconde guerre mondiale…mon dieu vite un papier dans Libé !!, ce n’est pas une lubie c’est déjà ce qu’ils disent sur le musée national hongrois…Bref vivement de lire le routard Mongolie sur les exactions de Genghis Khan !!

Puis nous visitons la clinquante église Saint Matthias qui sous ses traits néogothiques n’a plus grande chose d’origine (fondée en 1255 par Bela IV suite à la victoire sur les mongols). Les turcs et le siège de 1686 l’ont fortement abîmé.

Dédiée à notre Dame de l’Assomption, c’est également l’église du couronnement comme en 1867 lorsque François Jospeh et Sissi se firent couronner roi et reine de Hongrie en ces murs.

Le toiture est recouverte de très belles tuiles polychromes qui donne un aspect peu commun dans nos contrée à un tel monument (style Sécession). A l’intérieur les murs et piliers sont recouverts de fresques polychromes avec des scènes religieuses ou faisant référence à l’histoire hongroise. La chaire, le maître autel, les vitraux, la rosace sont du XIXème, de même que le tombeau de Béla III et de sa femme qui furent transférés à cette époque.

La place devant l’église est ornée d’une colonne dédiée commémorant la fin d’une épidémie de peste au XVIIIème (représentant la saint Trinité) qui avec Saint Matthias, le bastion des pécheurs et la statue d’Étienne Ier forment un très bel ensemble à forte dominante néogothique.

Notre périple se poursuit avec la visite surprenant du Buda underground !

Budapest est construit sur d’immense cavités souterraines qui parcourent la ville sur des kilomètres.

Intiment lié à l’histoire de cette ville l’eau qui s’écoule entre ces cavités est toujours un rappel au temps qui passe et qui fait fit des soubresauts de l’histoire.

Un petit labyrinthe a ainsi été crée pour faire une petite visite de ses souterrains.

Et c’est un vrai labyrinthe parfois obscur…très obscur…il est ainsi proposé sur une centaine de mètres de suivre une corde attachée au mur et d’évoluer dans le noir complet jusqu’à une zone éclairée…

Un temps anxieuse à l’idée d’évoluer ainsi dans un endroit froid humide et en quelque sorte terrifiant…j’hésite mais nous nous lançons…

Ouf nous voici à bon port, pas de Dracula venu pour asticoter !

Dracula…mais pourquoi donc ? Eh bien tout simplement parce que ce cher Vlad Tepes s’est retrouvé enfermé ici même pendant 12ans !

D’ailleurs une autre partie du parcours nous mène tout droit à la geôle du comte !

Après s’être frayé un chemin dans un épais brouillard on tombe dans une obscurité certaine sur la la prison du plus célèbre des vampire !

Alors pourquoi un vampire et que faisait il là ?

Vlad Lepes était prince de Valachie en Transylvanie liée à la Hongrie à l’époque de Matthias Corvin. Un coup allié un coup ennemi des Ottomans tout proches, il finit par être poursuivi par les turcs et se réfugie à Budapest pensant que le roi Matthias va l’accueillir (il aurait épousé une de ses nièces)…mais à cause de ses nombreuses défaillance face aux turcs, Matthias le fait enfermer pendant 12ans dans les sous sol du château de Buda…

Il mourra en 1476 à Bucarest tué dans des circonstances peu connues, sa tête fut envoyée au sultan.

Comme il se pourrait que le roi Matthias soit mort dans des conditions peu claires (anémie?) en 1490, on pourrait associer l’ensemble et faire de Vlad Lepes venu se venger de Matthias une légende ayant amenée plusieurs siècles plus tard au comte Dracula…

Notre dernier stop de la journée c’est la galerie nationale hongroise, pas assez de temps pour tout voir nous nous contenterons des retables gothique et des arts du XIXème où de très belles peintures nous font revivre les temps forts de cette passionnante histoire hongroise : la prise de Buda en 1656, la découverte du corps du roi Louis II après la bataille de Mohacs en 1526, Sainte Élisabeth de Hongrie pieuse et inspirée par Saint François d’Assise , le baptême d’Etienne Ier convertissant la Hongrie au catholicisme,

On découvre également d’autres belles peintures et sculptures d’artistes hongrois du XIXème.

En déambulant sur le chemin nous croisons un restaurant qui va enfin nous permettre de goûter la cuisine hongroise : goulash et ragoût de légumes au paprika (of course…) très bon

Puis bus et métro pour revenir sur Pest.

 



Zoé et le magyar tourbillonnant

Le soleil est toujours de la partie nous entamons notre journée par une petit tour au marché.

Le grand marché qui se trouve sous un immense hall métallique conçu par notre bon Gustave…Eiffel bien sûr…

Le vieux marché semble avoir tourné à la foire aux babioles pour touristes mais il reste encore ces quelques stands où s’étale sous toutes ses formes l’une des plus célèbres épices du monde dont la Hongrie est le fer de lance…le paprika !

La balade se continue vers le fleuve, ce mythique Danube qui est déjà ici immense alors qu’il n’est pas encore à mi chemin de son parcours…le fleuve aux 4 capitales…Budapest…Vienne…hmmm allez Bucarest…eh non…ci je vous dit : Djokovic ? Oui bravo Belgrade ! Et finalement…..Sofia oh la la pas du tout…Zagreb alors…loin s’en faut…Bratislava capitale de la Slovaquie bien sûr !

Nous parcourons le très beau Szabadsag hid (le pont de la liberté il me semble…) d’où les vues sur le mont Gellert, la colline du château, la vielle ville de Buda et Saint Matthias d’une part et sur Pest de l’autre sont magnifiques.

Nous rebroussons chemin et grimpons dans le tram qui longe le Danube jusqu’à la place Szechenyi (le grand réformateur qui finira fou…), de là nous reprenons un peu de pont mais le plus célèbre de Budapest…à des années lumière de ce qu’est le pont Charles à Prague nous voici sur le pont des chaînes magnifique ouvrage que ce pont suspendu. L’entrée est gardée par 2 lions, deux énormes arches servent de piliers aux suspentes.

Ce fut le premier pont non provisoire qui relia Buda Pest, il fallu attendre le XIXème et ce bon Ivan Szechenyi. On découvre d’un côté de très belles vue sur la colline de Buda dominés par le château d’une part et par Saint Matthias de l’autre. L’autre rive permet au fur et à mesure que l’on parcours le pont d’apercevoir l’emblème mondial de la Hongrie…le Orszaghaz !! hmmm !!! oui le célébrissime parlement hongrois ce magnifique édifice néogothique de 268mètres de long ce qui en fait le plus grand bâtiment de Hongrie et un des plus grands d’Europe !

Inauguré en 1902, sa coupole culmine à 96m de haut exactement ! Oui car c’est pour rappeler les célébration de 1896 et le millénaire de la création de la nation hongroise (lorsque les magyars arrivèrent en Pannonie). On le verra plustard mais autre édifice culmine à cette hauteur à Budapest.

On tente une, deux églises mais en vain Sainte Anne et l’église des tigmates de Saint François sur les quais d Buda sont fermées… Une petit coup de tram et nous revoilà à Pest.

On part faire le tour du parlement qui domine la place Kossuth (le fameux révolutionnaire de 1848 qui finira en exil) encadré d’autres admirables immeubles dont Budapest est parsemée comme aucune autre capitale au monde !

Un bon déjeuner sur la place de la liberté…Szagmachin…

Oui le hongrois est difficile à tel point que cela relève du défit de l’apprendre passer un certain âge.

Nous poursuivons notre périple dans le quartier de Lipotvaros (comme son nom l’indique est la ville de Léopold…).

Oui les différents quartiers de Pest portent des noms de personnes ayant contribué au développement de la cité….Leopold pour l’avoir délivré des turcs en 1686…

Terzevaros (la ville de Thèrèse) l’impératrice d’Autriche, Jozsefvaros (la ville de Joseph) le fils de la précédente, Erzsebetvaros (la ville d’Élisabeth) Sissi bien bien sûr ou encore Ferencvaros (la ville de François (le frère de Joseph plutôt que Liszt…)

Nous arrivons sur la rue qui laisse apparaître au fond le deuxième bâtiment culminant à 96m : la basilique Saint Etienne ! Immense église datant du XIXème flanquée de deux énorme clocher et coiffée d’un immense dôme.

On monte à la base du monde où nous attend une magnifique vue à360° sur Budapest !

Contrairement à Prague il n’y a pas 50 tours à gravir pour avoir différents points de vue…profitons en !

Après cet efforts, nous allons terminer l’après midi au delà de la veille Pest dans la nouvelle Pest : Ujpest  où nous attend notre session annuelle de délire aquatique en tout genre : Aquaworld !!!!!!!

Il y a peu de toboggans à disposition (certains sont fermés et d’autres non adaptés à ma taille).

Mais malgré cela il y a de quoi passer près de 5h à monter des marches et dévaler des slides…

Le plus sympa que nous essaieront sur la fin malgré ma taille légèrement inférieure à celle requise (1m30 et qcq pour 1m40!) c’est le tourbillon bleu !

Une courte mais active descente vous propulse à toute berzingue dans un immense récipient ou vous faites des tours jusqu’à tomber dans un trou donnant dans un bassin.

On arrive assez vite et tombe dans le bassin inférieur le plus souvent de dos la tête la première…ça surprend ! Mais j’en redemande !Sinon il a y le raimbow, un slide à faire à deux avec une bouée, sympa mais notre maîtrise est alors totale et cela nous effraie plus. Et sinon il y a le sympathique river mountain ou seul avec sa bouée on part cote à cote comme une course quitte à se renverser de sa bouée et la laisser partir seule. Puis on arrive à une croisée des chemins où deux slides s’offrent à vous. Très courts mais très dynamiques nous les dévalerons une dizaine de fois !

La nuit est tombée, nous repartons tardivement vers Ferencvaros…

 



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Zoé et le royaume Magyar

Un après Prague nous voici partis avec Papa à nouveau vers l’Est de l’Europe. Mais cette fois-ci ce n’est pas la Moldau qui va rythmer nos déambulation mais le plus grand fleuve d’Europe…le Danube !

Papa connaissant Vienne c’est vers sa petite cousine rebelle que nous rendons….Budapest !

Comme l’an dernier en République tchèque, voici nos premiers pas en Hongrie, Magyarorszag pour les intimes.

Une arrivée tardive après un périple Lufthansa en Allemagne à l’immense aéroport de Munich.

Tout va bien l’appartement est sympa donnant sur une belle avenue pas trop bruyante et un beau clocher d’une église calviniste.

Le matin petit détour dans le Budapest profond pour trouver en ce dimanche matin un chargeur de batterie canon, laissé loin derrière…

Nous croisons dans le métro de nombreuses personnes se rendant au Hungaroring lieu où se déroule en ce jour le grand prix de formule un de Hongrie.

Pas de touriste dans le coin mais un chargeur qui va falloir traîner toute la journée en tentant de charger la maudite batterie…Quoi de mieux que notre vieil mai Starbucks !

Un petit tour donc à notre base secrète hors de France…la journée de visite commence donc tardivement…

Nous commençons notre périple par le musée national hongrois.

Oui périple car pour faire simple le week end la ligne principale (longeant le Danube du Nord au Sud) du métro est coupée en deux…

Bon bref des bus de remplacement nous mène au musée tout proche de là où nous habitons.

La Hongrie, petit état d’Europe centrale à l’histoire fort mouvementée, il faut comprendre à défaut de valider les soubresauts que connaît ce pays…Et autant vous dire quand se baladant une seule journée à Budapest arriver à dire que la Hongrie actuelle est au même niveau qu’à l’époque du communisme est une vaste plaisanterie de bobos occidentaux…

Mais apprendre l’histoire de ce pays permet vraiment de comprendre les réticences de ce pays envers tout ce qui est étranger (occidentaux, musulmans and co…).

Et quoi de mieux que de se rendre au musée nationale pour cela.

Je vous passe le paléo et néolithique (bien que la révision soit excellente, oui ensuite ça se gâte je ne comprends plus grand chose…et ça m’ennuie…)

Tout commence vraiment avec Rome dont les frontières (les limes) se situe en Pannonie et passent le long du tracé du Danube qui forme un S avec la future Budapest au centre.

Une palanquée de barbares vont aller et venir tailler le bout de gras aux romains dans la zone…

Les barbares finiront par avoir raison de l’empire et ce sont les Avars qui s’établiront les premiers dans la zone (des gars venus des steppes asiatiques chassés par d’autres ethnies enfin comme les 1001 barbares qui ont transité en Europe durant l’antiquité tardive). Après 3 siècles ils finiront anéantie par l’empire franc et rapidement la place sera prise par une autre ethnie elle même poussée là par d’autres…les fameux magyars !

Peu connu mais ces magyars vont ravager l’Europe occidentale du Sud (Italie, France, Espagne…) comme leurs compères Vikings au Nord au même moment  (IXème siècle).

Les allemands mettront un terme un tout ça (déjà on sent le truc venir 1000 ans avant comme quoi l’histoire la connaître n’est jamais une chose veine…).

Le fondateur de l’état hongrois le roi Étienne Ier (futur Saint Étienne) décide de s’établir définitivement dans cette vaste plaine de Pannonie.

Sa dynastie les Arpad régnera jusqu’en 1300 non s’en avoir subit les hordes mongoles en 1240.

Puis de file en aiguille ça se complique terriblement, on finit par s’y perdre…les angevins prennent le trône (lignée issue du Français Charles d’Anjou frère de Saint Louis) puis on tombe par mariage sur l’empereur du saint empire germanique Sigismund de Luxembourg puis à sa mort sur la dynastie polonaise des Jagellons (tous déjà croisés à Prague l’an dernier…). Mais les polonais vont échouer face à la montée en puissance des turcs ottomans et la couronne échoue en Transylvanie avec le grand roi Matthias Corvin qui apportera une certaine stabilité mais aussi la Renaissance à la Hongrie et surtout à Budapest.

Mais à sa mort le royaume sombre et en 1526 c’est le coup de grâce à Mohacs (quelque part entre Zagreb et Budapest) où les troupes de Soliman le magnifique balayent les hongrois de Louis II…150ans de domination ottomanes s’en suivent. La Hongrie sera le terrain de jeu de la lutte entre l’empire turc et le nouvel empire autrichien celui des Habsbourg qui finiront au terme d’un siège sanglant reprendre Budapest aux Turcs en 1686.

La Hongrie tombe alors dans les bras de ce nouvel empire et en 1718 les turcs sont définitivement chassés et le royaume de Hongrie est créé sous l’égide de Vienne.

Après une période calme qui voit Budapest se moderniser et se réformer notamment par István Széchenyi au début su XIXème, la montée des idées révolutionnaires en Europe atteignent la Hongrie qui en 1848 fini par se soulever contre la Vienne le jeune François Joseph vient de monter le sur le trône, avec l’aide des russes la répression est forte et les agitateurs sont sévèrement punis (Lajos Kossuth s’exile, Lajos Batthyani premier ministre est tué). Cependant un compris interviendra créant ainsi l’empire austro hongrois avec plus d’autonomie pour la Hongrie. En 1867 à Budapest sous un air d’un certains Franz Lizt (hongrois mais de langue allemande il ne sera jamais appelé Ferenc), François Jopseh et sa femme l’impératrice d’Autriche Élisabeth dite Sissi…(

La première guerre mondiale achèvera l’empire austro-hongrois, la Hongrie sera démembrée et les idées nationalistes feront leur montée en puissance jusqu’à s’allier aux allemands durant la 2eme guerre mondiale et finir dans l’escarcelle soviétique par la suite.

1956 c’est la révolte à Budapest qui finira par être sévèrement réprimée sans aucune intervention de l’Ouest, le premier ministre Imre Nagy est exécuté, il faudra attendre la chute du rideau de fer en 1989 pour retrouver une Hongrie indépendante.

A noter dans ce musée, l’improbable (par sa présence en Hongrie) couronne d’empereur byzantin Constantin IX…en soi ça passe inaperçu (d’ailleurs personne ne fait très attention) mais pour moi non !

Car qui apparaît à ses côtés comme sur les murs de Sainte Sophie à Istanbul…sa femme…l’impératrice Zoé à qui je doit probablement mon prénom…

Nous terminons la journée en déambulant dans le quartier, une petit visite à l’église paroissiale dont la façade s’embrase au soleil couchant.  puis nous découvrons le fameux Beau Danube Bleu en passant le pont Elisabeth , Papa le retrouve 16ans après Vienne. Nous poursuivons jusqu’au pied du mont Gellert puis nous longeons le mont jusqu’aux bains Gellert

Retour vers l’appartement en métro la ligne verte elle n’a pas de soucis…


Zoé et les derniers moments au pays du soleil levant

Voilà c’est notre dernier jour au Japon, snif ! Une matinée tranquille dans notre belle demeure.

Je pars avec Maman faire quelques emplettes dans le centre commercial proche de la gare de Kyoto.

En début d’après midi, nous partons pour notre dernière visite vers le Niji-do (château de Nijo). C’est là que s’est déroulé une grande part de l’histoire du Japon.

Il a été construit sous les ordres du déjà bien connu Tokugawa Ieyasu en 1601. Après sa victoire en 1600 à Sekigahara qui mettait fin à une longue période de guerre civile, Tokugawa Ieyasu fut nommé Seii-Toshongun (abrégé en shogun) par l’empereur. C’est dans ce château que Tokukawa Ieyasu réunit tous les seigneurs féodaux pour leur signifier la décision qui ouvrait une ère de paix et de prospérité de 260 ans, connue sous le nom de l’ère Edo.

Et c’est également ici qu’en 1867 le 15 ème shogun de l’ère Edo, Tokugawa Yoshinobu, réunit dans la salle de l’Ohirama du palais Ninomaru ses vassaux pour leur signifier la fin du shogunat ; Tokugawa restituant le pouvoir à l’empereur. Ainsi, pouvait débuter l’ère Meiji qui allait voir le pays se moderniser.

La visite commence la porte Kara mon qui donne accès au palais Ninomaru.

Ce palais se compose de plusieurs pièces reliées par des corridors.

Le Tozomurai où patientaient les visiteurs : la Tora no ma (salle des tigres) en raison des peintures sur les fusuma, celles-ci permettaient d’impressionner les visiteurs et d’asseoir l’autorité des Tokugawa.

Puis vient Shikadai (salle de réception), les murs sont couverts de fusuma où sont représentés les pins, symboles de prospérité éternelle.

On passe ensuite devant l’Ohiroma (grand hall), impressionnante chambre en deux parties où le shogun tenait audience. Le shogun se tenait dans la chambre du fond, légèrement surélevé par rapport à ses visiteurs, assis face au Sud telle que le voulait la tradition impériale . Derrière la fusuma représente un pin qui semble, avec la perceptive, protéger le shogun.

Suivent ensuite Kuro-shoin (petit hall) où le shogun recevait de manière plus décontractée ses alliés.

Les fusuma de la chambre représentent des sakura en fleur ou des pins aux branches saupoudrés de neige représentant le début du printemps.

La dernière partie le Shiro shoin (salle de séjour du shogun) dont l’atmosphère des fusuma en encre noire sur fond blanc traduisent le calme et la quiétude avec la représentation d’une vue d’un lac chinois célèbre.

Nous traversons ensuite les jardins du Ninomaru puis celui du Honmaru où la famille impériale pouvait résider notamment lors de la visite de l’empereur Go Mizuno en 1620 qui épousa l’une des filles du 2eme shogun Tokugawa Hidetada.

Après cette belle visite, nous partons déambuler une dernière fois dans les rues japonaises à la nuit

tombante, se noyer dans l’effervescence des grandes artères commerciales et des néons.

Voilà notre aventure au pays du soleil levant s’achève, un pays à la fois si proche et si lointain du notre. Un pays où la modernité alliée à une tradition extrêmement vivace en fond sans doute une terre à part sur la planète.

Un pays qui mérite un voir plusieurs voyage tant sa richesse est grande. Qui sait ?

 

LES PHOTOS des derniers jours seront mise en ligne ce week end.

 


Zoé et le Kinkaku ji

Nous changeons d’appartement dans Kyoto pour passer deux nuits (trop peu…) dans une très belle machiya, ces vielles demeures japonaises reconverties pour accueillir des hôtes.

La journée commence par la visite du Daituko ji. Un grand complexe monastique situé au Nord Ouest de Kyoto. Seuls quelques temples parmi les 22 que compte le complexe sont ouverts au public. Ici tout est calme, très peu de touristes. Des sentiers pavés permettent de circuler entre les temples cernés par des enceintes dont l’empereur Go Daigo avait demandé la construction aux moines de la secte Renzai. Nous sommes ici dans l’antre de la philosophie zen, tel le Zuiho in .

Ce temple possède de beaux jardins dessinés au XX ème siècle suivant une conception avant-gardiste où l’abstraction énigmatique est la caractéristique des jardins zen. Un jardin sec avec des rochers et des végétaux entourés de graviers sur lesquels ont été tracés des stries.

L’un des jardins témoigne de la conversion au christianisme d’un des seigneurs médiévaux : les rochers sont disposés pour que l’on puisse deviner une croix.

Nous continuons vers le Daisen in. Le pavillon principal comporte de beaux fusuma (murs peints) mais le summum, ce sont les jardins secs !

On nage (c’est le cas de le dire) en pleine zénitude de l’esprit que même les plus grands artistes contemporains ne pourront atteindre en peignant des tableaux tout blanc exposés à Beaubourg !

Ici l’esprit s’élève vers de telles dimensions…Ouf ! Rien que d’y penser j’en ai la chaire de poule…

Bref ça c’était la vision de celui qui vient en terre nippone comme on va à Lourdes.

La vision plus terre à terre qui tente de traduire ce que l’on voit la voici…le tout sans photo parce que vous comprendrez bien que le zen n’aime pas que l’on fasse de l’argent en commercialisant des photos et blabla (surtout quand on lit trois pas plus loin que l’esprit du zen c’est le dépouillement du corps et de l’esprit pour s’élever etc.) bref… la voici donc : Une cascade en gravier blanc alimente un chemin de sable. Cette rivière, métaphore de la vie qui circule au gré des obstacles qu’elle rencontre, se transforme en fleuve (on note des rochers en forme de tortue ou de grue); preuve qu’ une fois toutes les étapes franchies, on peut élargir son horizon (matérialisé par un bateau) pour se perdre ensuite dans une mer d’éternité (représenter par une vaste étendue de sable avec deux cônes) !

Wow ! Et là, on se dit qu’il est temps d’aller manger…

Un bon ramen au curry pour papa et ramen plus classique pour les filles.

La suite des événements c’est le temple du Rokuon-ji. Ce temple est le plus connu et le plus visité de Kyoto et pour cause, il est plus connu sous le non de Kinkaku-ji ou pavillon d’or !

Après le calme et la zénitude, la dure réalité d’un site classé à l’Unesco et la proximité d’un géant comme la Chine se rappelle très vite à nous…

On déboule directement sur la vue la plus connue de Kyoto, ça crépite ça, se bouscule la star est là !

Magnifiquement posé en arrière plan d’un bassin paysagé comme les Nippons savent si bien faire, le Kinkaku-ji brille de mille feux !

Construit au XIV ème siècle sous la domination d’un shogun Ashikaga, son nom vient des deux étages recouverts de feuille d’or. Le dernier étage conserve des reliques de Bouddha et le faîte de l’édifice est couronné d’un phoenix en or.

Construit suivant trois style différents : premier niveau du style aristocratique Heian, le second suivant le style d’une maison de samouraï au toit relevé comme un sabre et enfin le troisième reprend le style karayo des temples zen. L’ensemble datant de l’ère Marouchi (1136-1573)

Bien qu’ayant échappé à toutes les guerres civiles qui enflammèrent le pays au XV ème siècle et toutes les catastrophes naturelles, il ne put échapper à un moine fou qui y mis le feu en 1950…

Le livre de Mishima le Pavillon d’Or se nourrit de cet acte de folie.

Bref, tout simplement magnifique même si on est loin d’un jardin sec zen. On s’en contentera…

Nous finissons la journée par un petit tour dans les boutiques de la gare de Kyoto en quête de saveurs originales puis nous rentrons vers notre nouvelle demeure avec quelques difficultés et discussions sur l’orientation du plan. Mais on finit par se repérer et nous trouvons notre jolie demeure.

Autour d’un tout petit jardin avec son érable, sa lanterne et sa petite fontaine se répartissent une chambre (dans laquelle je dormirai), la salle de bain et la salle principale avec son tatami chauffant ! Une autre chambre à l’étage. Ces maisons en bois avec une décoration typiquement japonaise sont très apaisantes.


Zoé et la demeure du Héron blanc

La journée est maussade mais de belles éclaircies ponctueront toute la journée, il ne pleuvra pas…

Nous repartons encore en vadrouille hors de Kyoto vers la ville d’Himeji où un petit coup de shinkasen nous emmène directement. A la sortie de la gare, une longue et large avenue nous mène vers notre but.

On arrive enfin devant l’un des plus beaux chefs d’œuvre de l’architecture japonaise et plus célèbre château du pays : le Shirasagi jo ou demeure du Héron blanc.

La magnifique silhouette de ce château dont les murs murs peints en blanc, du donjon central à 5 étages avec les trois petites tours qui l’entourent, font penser à un oiseau qui s’envole tel un héron.

Le site est magnifique. Dressé au milieu d’un immense espace rectangulaire entouré de douves, le château domine cette vaste étendue et où que l’on soit, le regard croise une nouvelle perspective de l’édifice.

Construit à partir du XIV ème siècle, c’est au XV et XVI ème siècle sous le pouvoir de Hashiba Hideyoshi puis de Ikeda Teramusa (alliés des shoguns Tokugawa) que le château prend son aspect actuel.

Il subit plusieurs restaurations sous les ères Meiji (fin XIX ème début XX ème), Showa (avant et après 2eme guerre mondiale) et Heisei (ère actuelle).

Le château se visite en montant les 5 étages les uns après les autres selon un parcours bien défini et bien pensé qui permet de voir l’ensemble du château.

Le rez de chaussée disposé au droit des immenses murs cyclopéens, qui servent de socle au bâtiment, comporte de petites trappes qui servaient à lancer des pierres.

Le premier étage contient des râteliers où les soldats pausaient leurs armes. Le donjon (tenshukaku) comporte plusieurs accès chacun étant protégé par une double porte (intérieure et extérieure). Le deuxième étage comporte de petites pièces qui permettaient aux soldats de se cacher pour tendre des embuscades aux assaillants qui auraient réussi à passer. Le troisième étage comporte de hautes fenêtres qui permettaient aux soldats de surveiller et tirer tout en évacuant la fumées des fusils.

Au quatrième étage, c’est ici que les deux grands piliers Est et Ouest qui supportent une grande partie du bâtiment s’arrête. L’un des deux gros piliers est issu d’un même tronc d’arbre de plus de 20 mètres de long en pin vieux de plus de 700 ans ! L’autre, repris lors de la restauration de l’ère Showa, est en pin et cyprès. Le cinquième étage comporte un petit autel mais surtout une vue magnifique sur Himeji et le parc du château.

Nous redescendons les escaliers abrupts et sortons du donjon pour aller visiter la partie adjacente du château.

C’est un long corridor qui aboutit à la tour cosmétique où vécut pendant 10 ans la princesse Sen.

Petite fille du grand shogun Tokugawa Ieyasu, elle épousa en seconde noce le fils du maître du château. Son fils mourut à l’âge de 3ans puis son mari, elle décida alors de rentrer à Edo (Tokyo) dans un couvent bouddhiste jusqu’à sa mort.

Un petit film raconte la dernière restauration montrant les techniques utilisées et notamment celle qui permet de réaliser les deux sashi (animaux imaginaires) de 2 mètres de haut qui trônent sur le faîte de l’édifice.

Nous contournons le château en longeant les paisibles douves où canards et carpes s’ébattent à longueur de temps. Puis nous visitons les jardins de Koko-en composé de 8 parties différentes abritant différents types d’essences. Ce jardin conçu à la fin du XX ème siècle reprend le modèle des jardins des résidences des samourais à l’époque Edo.

Nous retournons vers le château pour faire un tour dans le petit zoo attenant. Très vieillot. Quelques animaux vivent là un peu serrés dans leur enclos ou leur cage : lion, ours brun, éléphant d’Asie, zèbres, autruches, hippopotame. Çà sent un peu la désolation.

Nous terminons la journée par un déjeuner fort tardif dans un petit restaurant fréquenté uniquement par des locaux, une sorte de cantine du quartier.

La nuit tombe, le château s’illumine et resplendit sous de nouvelles couleurs.

Nous repartons à bord du shinkansen. Nous faisons une petit halte symbolique à la gare de shin-Kobe, ville de naissance de maman. Nous n’aurons pas le temps de visiter ou d’aller plus loin. Depuis le temps et tant de décennies (pas tant que ça quand même dit Maman) la ville a bien changé notamment depuis le tremblement de terre de 1995.

Nous repartons donc via Osaka pour Kyoto et rentrons à l’appartement.

 


Zoé et le plus grand poisson du monde

Encore du beau temps au programme du coup ça se précise, l’industrie cinématographie japonaise a demandé notre expulsion immédiate sous peine de banqueroute !

Aujourd’hui nous partons pour Osaka, la grande capitale du Kansai et 3ème plus grande ville du Japon, aussi peuplée que Paris intra muros (la seconde étant Yokohama juste à côté de Tokyo).

Notre premier but était de passer la journée au Universal Studio, mais vu qu’à côté de ça Disneyland Paris passe pour une joyeuse fête de village (on est quand même bien en Europe sans autant de monde…) nous nous sommes retracqués, d’autant plus que le prix avec des pass ne garantie même pas de faire certaines attractions ! Vive l’esprit zen asiatique ! En France, il y aurait déjà eu des morts…Du coup, direction le Kaiyukan, un des plus grands aquariums du Japon mais surtout possédant l’un des plus grands bassins au monde avec 5400m3 d’eau.

La star incontestée de ces lieux que l’on ne rencontre que dans certains aquariums d’Asie (hormis celui d’Atlanta aux USA qui possède le plus grand aquarium du monde), le plus grand poisson de la planète : le requin baleine !

Nous passons tout d’abord un petit tunnel où les poissons nous souhaitent la bienvenue. Puis se succèdent quelques petits aquariums dont un présente, pour les fans de River Monster, un énorme Arapaima d’Amérique du Sud. On arrive enfin dans le cœur de l’aquarium. L’immense bassin s’étend sur 9 mètres de haut ! Et d’un coup, apparaît l’immense silhouette du géant des mers qui semble voler dans l’immensité bleue au milieu des raies, des requins et autres poissons aux multiples formes. Ces requins-baleines sont de taille modeste par rapport à ce que l’on peut trouver dans les océans (jusqu’à 15 mètres) mais le plus grand doit bien dépasser les 5/6 mètres de long.

Il y a pas mal de monde et le bruit autour des bassins contraste avec la quiétude qui semble émerger de cet immense volume d’eau. Le circuit longe le bassin en le parcourant de haut en bas. A chaque virage une vue différente sur ce monde du silence. Au détour de l’un d’entre eux passe devant nous à quelques centimètres le requin baleine, énorme, immense, que dis-je ? Gigantesque !

Les très belles raies semblent comme voler en déployant leurs ailes entre les requins-marteaux

Le spectacle est sans fin au gré du passage des bancs de poissons qui vont et viennent que seul vient troubler le passage des géants des mers.

On croise également dans d’autres petits aquariums quelques espèces étranges comme le crabe géant. On quitte à regret le parcours autour du magnifique bassin, digne des plus grand jardins zen japonais pour ceux qui recherchent un temps pour méditer…

Juste avant la sortie un bassin tactile permet de toucher quelques spécimens. Il y a des raies et de petits requins. J’ai un peu peur de toucher ces bestioles si peu communes pour des terriens urbains mais je me lance. Drôles de sensations, les raies sont toutes visqueuses alors que les requins ont la peau rêche.

Très bel aquarium qui mérite largement le détour.

Toutes ces émotions nous ont ouvert l’appétit ! Et quoi de mieux qu’un All can you eat !

On est installé dans de petits blocs séparés des autres par des paravents avec, fixé dans la table, une petite friteuse pour frire ses aliments et sur le côté de quoi faire sa panure.

Crevettes, poulet, aubergines, oignons, bœuf tout y passe le tout agrémenté de riz et pour finir une grosse glace italienne !

Après ces nouvelles émotions direction l’une plus grande roue au monde avec 113mètres de haut (ce fut la plus grande à la fin du millénaire, les plus grandes étant depuis le début des années 2000 aux USA, Singapour et la Chine avec plus de 160mètres de haut).

On a de tout en haut une vue magnifique sur la ville d’une part et sur la baie d’Osaka bordée par l’océan Pacifique de l’autre. J’aurai ainsi vu un bout des 3 grands océans de la planète avant mes 10 ans !

Comme à Tokyo, de nombreux pont aux différentes techniques (à haubans, avec arc métallique…) se succèdent le long des fleuves qui débouchent dans la baie comme Yodo, principal cour d’eau d’Osaka. Au loin, les immeubles des quartiers d’affaires comme Umeda ou Tenno ji.

On sent très peu le déplacement de la roue car elle tourne très lentement et nous sommes installés dans des cabines.

Nous retournons ensuite dans le centre d’Osaka en métro qui a des airs de celui de Tokyo.

Après avoir remonté la rue des commerces de luxe Shinsaibashi et ses allées de Ginko, nous arrivons dans les quartiers animés de Nanba et Dotonbori.

Comme toujours dans les grandes villes du Japon dans ce type de quartier, c’est l’effervescence.

Le long de l’avenue piétonne jalonnée par un canal, la magie lumineuse d’Osaka est totale.

Les enseignes aux néons aguicheurs sur toutes les boutiques : crabes géants aux pinces mobiles, dragons rouge totalement kitsch et bien sûr le célèbre athlète levant les bras de la marque Glico, l’un des symboles d’Osaka.

Nous finissons la journée en montant à la tour Abeno Hakuras qui domine la skyline d’Osaka. Au 60eme étage à 300mètres d’altitude la vue sur la ville est impressionnante. Comme à Tokyo la ville se dévoile sur 360 degrés, la nuit est tombée et l’effet est encore plus spectaculaire. Les grandes artères brillent de mille feux, alors que les bras des fleuves serpentent dans un noir absolu.

Tout comme l’aquarium, la contemplation de cette vaste étendue silencieuse et pourtant si vivante est digne de figurer au registre des plus grands moments de méditation.

Nous repartons prendre le shinkansen pour Kyoto, non sans déguster la spécialité d’Osaka les tokoyaki de petits beignets fourrés avec du poulpe (décidément les parents ont des goûts vraiment bizarre).

 


Zoé et l’écrin de Bouddha

Aujourd’hui nous partons en vadrouille hors de Kyoto mais toujours dans la région du Kansai.

Nous nous rendons dans la première capitale fixe de l’empire nippon : Nara, considérée comme l’un des joyaux du Kansai tout autant que Kyoto.

Autrefois après le décès du souverain, selon le rite shintoïste, le palais devait être détruit et reconstruit ailleurs.

Mais l’influence grandissante du bouddhisme dans l’archipel permit d’assouplir ce rite. Ainsi l’impératrice Gemmei ordonna en 707 l’édification d’un capitale permanente : Nara. La cité de la paix (Heijo Kyo) était née.

Dans un parc de 600 hectares, cadre bucolique à souhait, ont été disséminés plusieurs sanctuaires parmi les plus vieux du pays.

Mais ce qui attire en premier lieu l’attention en arrivant à Nara, ce sont les daims qui déambulent en toute liberté dans le parc. 1 200 daims (des cerfs du Japon ou Sika) peu farouches accostent les touristes en quête de nourriture. A cet effet, de petites galettes sont vendues pour les nourrir pour le plus grand bonheur des touristes, petits et grands.

Le premier sanctuaire que nous visitons est celui du Todai ji qui comprend plusieurs temple dont le plus important le Daibutsu den. On passe d’abord la très belle Nandai mon, la grande porte Sud en bois à 5 travées coiffée de son double toit. En passant, niché à l’intérieur des piliers se trouvent deux immenses et imposantes statues du XIIIème siècle des gardiens Ni-oh (le premier avec la bouche ouverte, l’autre fermée).

Puis on entre dans le saint des saints le Daibutsu den, le pavillon principal du Todai ji, Nous avons en face de nous le plus grand bâtiment en bois du monde !

Ce gigantesque édifice en bois de 49mètres de haut pour 57mètres de large, tout simplement impressionnant !

L’édifice plusieurs fois remanié était encore plus imposant à l’origine (7 travées contre 12 à l’origine).

Construit dès le VIIIème siècle selon le style de la dynastie chinoise Tang, plusieurs fois détruit suite aux guerres civiles, il sera reconstruit pour la dernière fois sous l’époque Edo au XVIème siècle.

C’est un des lieux qui a vu se développer le syncrétisme entre shintoïsme la religion ancestrale du Japon et le bouddhisme la grande religion du continent asiatique.

Une vaste et longue allée permet de s’approcher du temple qui, au fur et à mesure, dévoile toute son envergure. Impressionnante sensation de grandeur lorsqu’on se trouve au pied de l’escalier menant au temple.

A l’intérieur se dévoile la colossale statue en bronze doré du Daibutsu Vairocana, le Bouddha cosmique. Datant du XIIIème siècle (celle d’origine du VIIIème siècle ayant été reconstruite ; la tête date du XVIIème siècle) elle mesure entre 15 et 16 mètres de haut (si l’on tient compte du support) et pèse plus de 400 tonnes !

Réalisée avec une armature en bois cerclée puis recouvert de couche d’argile (de plus d’1 mètres d’épaisseur) qui sert de moule pour fondre la statue en plusieurs couches. Elle est gigantesque.

Deux autres grandes statues dorées se trouvent sur sa droite et sur gauche, Nyoirin Kannon qui exauce les vœux et Kokuzo Kannon symbole de sagesse.

Deux autres belles statues de rois célestes se trouvent à l’arrière.

On trouve également niché au bas d’un des piliers une petite ouverte dont la taille serait celle de la narine de bouddha. Celui qui parvient à s’y glisser et en ressortir ira au paradis ou aura une longue vie, selon les interprétations des différents guides !

Seuls des enfants et des gens de petite corpulence peuvent y passer (made in Asia…), je réussis sans conteste l’exploit !

Nous repartons non sans jeter plusieurs coup d’œil à ce fabuleux édifice, inévitable cathédrale de la religion japonaise entre shintoïsme et bouddhisme.

Puis nous poursuivons notre chemin en jouant avec les daims. Je leur donne des glands et des feuilles. Un attrape mon pull, un autre lèche le sac de maman, le troisième l’attrape par le sac. Il suffit de bouger les bras devant soi pour qu’ils arrêtent. Ils font aussi des courbettes quand on leur donne quelque chose.

Avant notre prochaine visite, nous nous restaurons avec de traditionnels ramen de udon (nouilles à la farine de blé car le soba est faite avec du sarrasin c’est pas top…maman est bizarre décidément, elle trouve ça bon) ou du riz farci.

Puis nous terminons la visite du complexe du Todai ji avec le temple de Nigatsu-do avec des airs du Kyomizu Dera de Kyoto en bois sur pilotis avec une belle terrasse et sa vue sur Nara.

Puis le Hokke-do ou salle du lotus, plus vieux bâtiment de Nara (datant de 746 mais refait à l’époque Kamakura au XIIème siècle). Il abrite 16 statues (classées trésor national) dont la Fukukebnsaku Kannon mains jointes en prières entourés de ses bodhisattvas et des gardiens célestes aux visages effrayants.

Notre visite se poursuit avec le complexe de Kasuga Taisha niché à l’orée d’une belle forêt primaire avec ses cèdres du Japon. Il est réputé pour ses 3000 lanternes donnée par des fidèles, tapissées de mousses qui s’alignent le long du chemin. Plusieurs des pavillons sont caractéristiques du style Kasuga avec un toit de chaume à pignon. Rouges vermillon, les bâtiments s’intègrent parfaitement en harmonie avec la nature environnante.

Nous tentons d’aller voir le Kofuku ji mais arrivons trop tard, on entre aperçoit de loin dans le pavillon Tokon-do la statue du bouddha médecin Yakushi Norai.

La belle pagode à 5 étages, l’une des plus haute du Japon avec ses 50 mètres, plusieurs fois détruites celle-ci date de l’époque Marouchi au XV ème siècle.

Les sites et sanctuaires sont tellement immenses qu’il est difficile de tout voir surtout que tout ferme avant 17h, le Japon est le pays du soleil levant. A moins de se lever très tôt ou d’avoir des semaines devant soi, on ne peut pas tout voir.


Zoé et la philosophie zen

Encore une belle journée ensoleillée ! Nous la consacrons aux sites de l’Est de Kyoto. Un petit tour en train jusqu’à la gare centrale puis le bus. Du monde, beaucoup monde à la gare, et la rotation des bus s’enchaîne avec une belle cadence.

Ah, le bus nippon ! Tout un programme ! Le conducteur vous prévient dès qu’il démarre ou qu’il freine. Il vous remercie à votre descente (Arigato gozamais…s’il y a un truc que l’on retient de la langue japonaise c’est bien ça… A prononcer avec un R très roulé à la limite du l et un dernier A très long). On sort par l’avant en payant et le chauffeur n’ouvre les portes arrières qu’une fois les gens sortis. En France, on aurait déjà eu 5 insultes, 10 bousculades… Un autre monde !

Notre première étape du jour, le célèbre Kiyomizu Dera ou temple de l’eau limpide qui à l’Automne s’embrase lors du momiji (l’Automne japonais avec les érables qui rougissent et les ginko qui jaunissent). C’est malheureusement encore un peu tôt pour voir ce spectacle hors du commun mais quelques belles couleurs sont déjà là.

Fondé en 748 et reconstruit une dernière fois par notre cher Togukawa, ce temple totalement en bois prend appui sur une structure vertigineuse de pilotis. Le Japon compte parmi les plus beaux, les plus grands et les plus vieux bâtiments en bois du monde.

Une belle et vaste terrasse surplombe Kyoto. En contrebas, on jouit également d’une très belle vue sur les jardins où sont distillés avec soin pagodes et pavillons au milieu de la nature qui se pare de ses couleurs d’Automne.

Le temple est en restauration ce qui nuit un peu à l’idée que l’on peut s’en faire. A l’intérieur, le bois sombre et massif donne au lieu avec la patine du temps une atmosphère assez mystique, malgré le monde.

Après un tour dans les jardins et un passage devant la fontaine Otawa no taki qui donne son nom au lieu, nous quittons ce très beau sanctuaire en passant par le cimetière de Kyoto.

Les tombes toutes identiques semblent former une ville miniature répondant à la ville réelle à laquelle elle fait face.

Nous déjeunons en arrivant à notre étape suivante de bons ramen et autres tempuras.

Le site suivant est le Ginkaku ji ou pavillon d’argent. Le bâtiment qui ne semble jamais avoir été recouvert d’argent ne rivalise pas avec son aîné en or que nous verrons un autre jour. Ici, ce que l’on perd en aisance on le gagne en modestie. Ici, c’est le règne de la philosophie zen du Higashiyama (culture de la montagne de l’Est). C’est ici que le Chanoyu (la voie du thé), grand cérémonial lié à ce breuvage, aurait pris son essor.

Et quoi de plus normal pour traduire cette zénitude qu’un magnifique jardin à flan de colline qui au soleil couchant d’Automne prend une dimension spectaculaire.

La première partie du jardin se compose du Kogetsudai, un cône en sable qui doit réfléchir les rayons de la lune et du Ginsandan une longue bande de sable où s’alternent surfaces lisses et striées.

zen, zen, zen… tout juste ce qu’il faut face au flot touristique.

Le deuxième partie plus habituelle voit se cotoyer pins et érables au bord d’un petit bassin avec son petit pont de bois. Le jardin continue sur les hauteurs où les mousses tapissent le sol et les arbres là encore reprenant le décorum du pavillon d’or.

A la sortie du sanctuaire, nous prenons le Tetsugaku no Michis ou chemin de la philosophie.

Un agréable et paisible petit chemin qui longe un petit ruisseau bordé d’arbres.

Nous tentons d’aligner un 3ème sanctuaire avant la fermeture. Cette fois-ci contrairement à la veille nous arrivons à temps au Nanzen ji. Nous passons la très belle et immense San mon et entrons dans le pavillon central ; le Hojo seiryo den. Classé trésor national pour ses peintures décorant les fusama (salles) tel le tigre buvant de l’eau : Mizunomi no Tora. Les salles reliées entre elles par un corridor donnent sur de petits jardins dont celui du tigre bondissant bel exemple de Kare Sansui ou jardin sec (pas de petit bassin avec de l’eau). Un massif de roches entouré de végétaux entre un parterre de graviers et un mur blanc c’est ainsi que le zen voit un tigre surgir. En plus, comme tout est en bois, on fait la visite en chaussette. C’est trop drôle. Nous sommes les derniers. On entend le claquement des panneaux coulissants de bois que l’on referme au fur et à mesure, avec un grand sourire et moult courbettes comme il se doit au Japon, même si la personne nous maudit peut-être intérieurement de traîner et pense au dîner qu’elle doit préparer. Mais l’effet est efficace pour ne pas dire agréable, on se sent les bienvenus et à l’aise. Maman se demande ce que ressentent les Japonais dans nos pays…

Après cette belle journée de visites de temples zen, nous finissons par atterrir dans le quartier de Gion (le quartier des geishas) loin de son lustre d’antan. Nous dînons dans un petit restaurant qui ne sert qu’un plat unique le issen yoshoku une sorte d’omelette/galette fourrée avec toute sorte d’ingrédients (bœuf, oignons, œuf, crevettes, poisson grillé etc.)

Un régal pour les parents mais ils devront m’acheter un sandwich car je n’ai pas trop apprécié le met nippon. Nous rentrons en bus, bien fatigués par cette journée du zen.

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